Guigou machine à gagner

4 juin 2015 - 00:30

la soirée des Trophées LNH pour lequel Michael GUIGOU est nominé passe ce soir VENDREDI 05 Juin 2015 à 19h00 sur BEIN SPORT 1 et EN CLAIR !!


TROPHÉES LNH / GUIGOU, MACHINE À GAGNER…

Recordman des distinctions de la LNH et en route pour une potentielle dixième consécration, l’ailier de Montpellier, une nouvelle fois nominé, ne voit toujours pas le bout du chemin.

En politique, on dirait que Michaël Guigou cumule les mandats mais il ne viendrait, en revanche, à personne dans le monde du handball l’idée d’y voir le signe d’une incongruité ou d’une exposition exagérée. Sur le terrain, dans l’action et la proposition, l’ailier gauche de Montpellier est exemplaire, unique, à 33 ans. Déjà élu à neuf reprises meilleur ailier gauche de la LNH par ses pairs, il est en course pour une dixième couronne au terme d’une saison où il a imposé le tempo à son équipe et menacé jusqu’au bout le PSG. Les chiffres donnent d’ailleurs rapidement le tournis dès que l’on évoque un personnage resté, malgré tout, malgré dix titres de champion de France, dix victoires en coupe de France, huit en Coupe de la Ligue et un triomphe en Ligue des Champions, discret et très mesuré face à la réussite. “Oui mais si le titre nous échappe, nous rentrerons peut-être bredouille pour la première fois depuis 1998, avoue-t-il”.

La remarque témoigne évidemment de son attachement à une équipe dont il est le capitaine et la figure de proue, de sa volonté, surtout, d’exprimer l’effort collectif plutôt que l’exploit individuel dont il est pourtant coutumier. Le trait de caractère colle bien à l’esprit d’un joueur qui n’a jamais voulu se mettre en avant, trop souvent même calé à l’ombre des grandes stars du handball français.

 

Le sujet revient souvent sur la table, reconnaît-il. Oui, je n’ai jamais fait trop de bruit, probablement parce que je suis davantage attaché aux choses du terrain.” Comme si son devoir se situait là, le rendant imperméable aux tentations de la notoriété. “ La chance que l’on a on la doit aussi au public qui nous suit. On ne joue pas pour soi-même. Plutôt pour l’équipe, sûrement aussi pour les spectateurs auxquels il faut apporter du plaisir. Jouer c’est aller vers les autres, partager. C’est cela qui m’intéresse et me permet, à 33 ans, de garder la même envie, le même enthousiasme. ” Etre juste, lucide même dans un monde professionnel, précis encore dans l’engagement et l’investissement, Michaël Guigou a été à bonne école à Montpellier.

 

Quand tu as le plus gros budget, l’obligation c’est de gagner. Si j’ai une fierté avec mon club, c’est bien de n’avoir rien lâché en route, d’avoir pris ce que justifiait le statut du club. On a gagné mais, en définitive, on a fait ce que l’on devait. Cette saison, on a perdu dans la constance et j’ai compris étant bien placé pour le savoir, qu’à un moment le plus gros budget gagne toujours parce qu’il dispose des hommes qui te sortent les gros matches au bon moment. ” Que Montpellier subisse la loi de la machine parisienne désormais lancée à toute vapeur pour une longue durée répond à une logique économique qui n’effraie pas le natif d’Apt. La réalité n’entame pas les convictions d’un joueur qui, à 33 ans, a retrouvé la fraîcheur de sa jeunesse. Un sentiment étrange qui pousse l’analyse encore plus loin…

 

Quand on regarde bien, sourit-il, notre génération dure et reste extrêmement performante. Parfois, je me demande si nous ne sommes pas des robots. On joue avec des temps de jeu importants depuis tout jeune sans que notre physique s’étiole. Je me dis qu’on a eu des préparations adaptées mais, en vérité, c’est l’esprit qui porte le corps. La logique de victoire que l’on poursuit depuis tant d’années insiste sur notre esprit de compétiteur. A l’intérieur, on continuer de bouillir. Gagner c’est normal, ce qui l’est peut-être un peu moins -mais bon la force de l’habitude est passée par là- c’est que l’on n’a toujours pas envie de lâcher. ” La question aurait pu se poser pour Michaël, souvent embêté par les pépins physiques, parfois aussi dans l’expectative dès qu’il s’agissait d’envisager l’avenir. L’idée d’arrêter, fatalement, lui est venue. “On m’aurait dit il y a trois ans, admet-il, que je vieillirais aussi bien, je n’y aurais pas cru. A l’époque, je ne me voyais pas forcément durer très longtemps en équipe de France. Maintenant, j’ai pointé le moment où tout s’arrêtera : ce sera après le Mondial 2017 en France.” Il continuera, en revanche, de prêcher la bonne parole dans son club et dans le championnat sans oublier d’arrondir son capital de meilleur ailier gauche du Championnat.

 

J’étais très fier, se souvient-il, lors de ma première nomination en 2003 aux trophées de la LNH. Au fil du temps et des récompenses, on en retire évidemment un peu de bonheur mais pour moi l’objectif est toujours de prendre et de donner du plaisir sur le terrain. C’est la clé pour vivre au mieux sa vie de sportif.”

 

Tellement riche et réussie, déjà, pour le petit ailier de Montpellier…

 

http://www.lnh.fr/d1m/2015-06-03/trophees-lnh-guigou-machine-gagner

 

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